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Migrations : des films de Bretagne pour en débattre


Alors que la question des politiques migratoires ne cesse de noircir les pages de nos journaux, nous constatons que cette question est débattue au sein du documentaire depuis des années, en Bretagne notamment.

Quelques titres accueillis sur BED, pour en parler mieux, pour ne pas laisser la place aux seules images instrumentalisées des réseaux sociaux. Une réflexion longue, des images singulières, qu'il convient de regarder avec attention.

 

Saint Denis, n'odoa eost ebet ( rien à perdre) revient sur les premiers Bretons exilés en banlieue parisienne. C'est un film de Hervé Morzadec, qui date de 1996, et qui nous montre comment faire communauté a permis à nos grand-parents exilés en région parisienne de tenir le coup, dans des conditions très rudes.

 

Un paese di Calabria de Shu Aielo et Catherine Catela date de 2016. Il explore l'expérience positive de Riace, village calabrais qui a su accueillir des migrants depuis 1998. Das ce village vidé par une émigration forte dans les années 30, les maisons ont été retapées, l'école ré-ouverte, des emplois recréés grâce au maintien sur place de dizaines de migrants. Un espoir certain. Mais un bilan cependant nuancé aujourd'hui, avec la condamnation du Maire de Riace, Domenico Lucano, cible de politiques flirtant avec l'extrême-droite.

 

De la même maison de production, Tita, attentive aux luttes et aux questions sociales de ces dernières années, Bienvenue Mister Chang de Laëtitia Gaudin-Le Puil et Anne Jochum, tourné en 2017, se déroule dans le village morbihannais de Lanvénégen. C'est en 1982 qu'une vingtaine de réfugiés laotiens hmongs ont été accueillis dans ce bourg. Victimes de la guerre du Vietnam, ils allaient devoir refaire leur vie dans le Morbihan. Trente-cinq ans après, ils racontent leurs chemins.

 

Dès 2009, Franck Beyer s'intéresse aux questions de migrations à la frontière USA-Mexique. On lui doit des films rigoureux, qui prennent le temps d'enquêter, comme Ceux d'en face, tourné à la frontière Tijuana San Diego. La maison de production rennaise de Franck Beyer, Les Films de l'autre côté, rassemble depuis longtemps d'autres films sur cette question, tel Almanci entre deux rives, film d'Emmanuel Piton tourné en 2011, qui donne la parole à la communauté turque, en Pays d'Auray.

 

Kurdistan, huñvreal an nevez-amzer, Kurdistan, rêve de printemps, est tourné par Mikael Baudu en 2015, au Kurdistan de Turquie puis dans l'enclave du Rojava, une région de Syrie où des Kurdes tentent une expérience alternative, pour une existence plus démocratique. Concernés par le sort de trois jeunes Kurdes qu'ils ont rencontré, Mikael Baudu et Arno Vannier continuent de les suivre, avec Open the border, tourné en 2017.

 

Des films toujours empreints d'une grande humanité, porteurs de leçons humbles et réalistes.

Encore plus de films à retrouver , soit en passant par le filtre thématique , Migrations, soit en passant par l'entrée géographique Migrations, dans le volet Peuples. Une double entrée, pour deux fois plus d'arguments pour accueillir dignement les étrangers, d'où qu'ils viennent.