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Un homme de la terre des hommes


Puisqu'il ne nous est pas permis de voyager, envolons-nous pour les Iles Marquises, en compagnie de Lucien Kimitete, Un homme de la terre des hommes, un film de Dominique Agniel.

Celui que l'auteur Pierre Carpentier décrit comme un personnage-météorite, tant il a laissé de traces dans le paysage polynésien est le grand instigateur du renouveau de la culture marquisienne, avec son mouvement Motu Haka, éclos fin des années 1970. A la fois danseur, chorégraphe, animateur culturel, et homme politique, il est de tous les combats. A mi-chemin des indépendantistes menés par Oscar Temaru et des loyalistes du très intrigant Gaston Flosse, il va énormément porter cette culture maori qu'il entend sortir de la gangue coloniale. Témoins ses mots, lors d'une de ses dernièes interventions, puisqu'il disparaît mystérieusement, en pleine période électorale, à bord d'un bi-moteur qui survolait l'archipel des Tuamotou, en compagnie d'autres leaders autonomistes. Un mystère jamais élucidé, mais la force de Lucien Kimitete reste intacte.

« Il ne faut jamais oublier que les Marquises sont un butin de guerre pour la France, qui les a, par commodité, intégrées à la Polynésie. Si nous avons été colonisés autrefois par la France, aujourd'hui, le colonisateur, c'est Tahiti. Et ici, toute la vie administrative et politique reflète la double tutelle de la métropole française et des autorités tahitiennes. Nous avons tout en deux exemplaires: administrateurs, représentants religieux, etc. Nous sommes bien gardés - trop bien ! - On nous fait ingurgiter à la fois ce qui vient de France et de Tahiti. Nous avons deux cordes au pied et il faudra bien qu’il en ait une qui cède ! » L.Kimitete