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Kutbettin Cebe, réalisateur au Kurdistan


Catégories : Peuples

Quand on a, à Bretagne et Diversité, découvert le film Roza, le pays des deux rivières de Kutbettin Cebe, on ne se doutait pas encore que celui-ci allait être emprisonné. Un film, en Turquie, peut vous valoir 2 ans et 4 mois de prison ferme pour « propagande terroriste ». Le réalisateur a été condamné la semaine dernière.

Nombre des réalisateurs et réalisatrices de la rubrique Kurdistan de notre site ont eu affaire à la justice turque, il n’est ni le premier, ni le dernier, mais voilà, on ne s’habitue pas à voir des mains amies, qui tenaient la caméra, agripper les barreaux d’une prison.

Par solidarité, et par résistance, on ne peut que vous inviter à voir, revoir ce film et à le partager.

Festival du film Jean Rouch


Catégories : Films

Le Festival du film Jean Rouch, qui va fêter ses 39 ans, se tient en ligne du 13 novembre au 6 décembre 2020, sous l'égide du Comité du Film ethnographique, qui fait résonner depuis des années cinéma et anthropologie.

Créé en 1952, au sein du Musée de l'Homme, ce comité ethnographique aura une fonction de veilleur, d'initiateur, de courroie de transmission à l'étranger, mais aussi de lieu de réflexion. C'est en cela que l'organisation de ce Festival Jean Rouch est atypique.

Il nous faut imaginer : c'est un 23 décembre 1952 que se réunissent, dans la salle de cinéma du Musée de l'Homme, Henri Langlois, Edgar Morin, Alain Resnais, Marc Allégret, Nicole Philippe, Roger Caillois. Le projet est lancé autour d'un axe simple : pour réaliser un film documentaire (sociologique ou ethnographique), il semble désormais essentiel de maîtriser à la fois les connaissances du terrain et les procédés cinématographiques. C’est en cela que le CFE a largement contribué à faire prévaloir la figure de l’ethnographe cinéaste sur le binôme chercheur et cinéaste.

Dit en d'autres termes, à cette époque-là, « il est désormais temps pour les uns d'apprendre la rigueur scientifique et pour les autres les rudiments de la technique cinématographique ».

Une longue histoire d'apprentissages, de recherches et de re-définitions de l'anthropologie visuelle, à l'instar du travail de Marc-Henri Piault, chercheur en anthropologie visuelle, qui vient de disparaître et à qui cette édition du festival est dédiée. Une leçon de cinéma nous est offerte par ce dernier, sur canal U.

Au cours des éditions du Festival Jean Rouch, les films succèderont aux films, la qualité recherchée sera au rendez-vous et aujourd’hui, on peut parler de belle moisson en évoquant la sélection présentée en ligne ici. Trois films pour vous inciter à arpenter ce site : Ayi, de Marine Ottogalli et Aël Théry, portrait d'une cuisinière ambulante dans les rues de Shangaï. Ramaillages, de Moïse Marcoux-Chabot, sur l'agriculture communautaire au Canada. Kombinat du suisse Gabriel Tejedor, sur une ville industrielle au cœur de la Russie, et sur ceux qui la peuplent.

La ballade de Crowfoot


Catégories : Films

Parce que l'on a beaucoup évoqué ces jours-ci la violence qui affecte les élections présidentielles aux Usa, nous avons eu envie de revoir en images des moments de l'histoire tourmentée des USA. C'est possible avec La ballade de Crowfoot, hommage sur des images d'archives à un chef indien de la tribu des Blackfoot, qui vivait sur les territoires d'Alberta au Canada et du Montana, aux USA. Que de violences, crimes non reconnus, blessures béantes, pour ces Amérindiens. Comment s'étonner que les descendants de ce chef légendaire puissent mal vivre aujourd'hui ? Il nous reste à lire les derniers mots du chef Crowfoot : poésie contre violences, tout est dit.

Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit, c'est le souffle d'un bison en hiver, c'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au coucher du soleil.

Festival Grand West


Catégories : Films

La première édition du Festival Grand West s’ouvre à Quiberon au Cinéma Le Paradis , du 23 au 25 octobre. Grâce à l’obstination de la directrice du cinéma Laurence Forin, qui est de celles qui poursuivent leurs rêves toujours plus loin, ce sont les grandes plaines de l’Ouest qui crèveront l’écran à Quiberon ce week-end, à quelques encâblures des landes de la côte sauvage.

Une édition parrainée par François Busnel, qui mêle séances enfants, films documentaires, et westerns grand public, mais qui n’oublie pas des débats comme celui intitulé « Musée imaginaire de l’Ouest ». Leur point fort : croiser littérature et cinéma, avec des invités comme l’écrivain Douglas Kennedy, l’éditeur Olivier Gallmeister ou François Busnel pour son film Seule la terre est éternelle, portrait de l’attachant écrivain Jim Harrison. The ride de Stéphanie Gillard nous fait chevaucher aux côtés des Sioux Lakota, Nevada de Laure Clermont-Tonnerre aux côtés des dresseurs de chevaux sauvages...

Pas question de mordre la poussière pour l’équipe enthousiaste de cette manifestation, même si leurs rêves se sont fait échancrer par la pandémie... Plutôt galoper ensemble !

On a tightrope, Petr Lom


Catégories : Films

Dès le début des années 2000, le réalisateur norvégien Petr Lom s'intéresse à la question des Ouïghours, minorité turcophone de Chine, forte de douze millions de membres. Elle constitue ainsi la plus grande minorité musulmane de Chine. De l'obstination du réalisateur est né en 2007 le film On a tightrope, qui nous emmène découvrir l'entraînement de jeunes funambules, une tradition solidement ancrée mais qui se rattache à des influences musulmanes, alors que certaines croyances religieuses sont proscrites en Chine communiste.

Sous le prétexte d'unir les 56 ethnies du pays, le régime communiste mène une terrible répression auprès de la population ouïghoure musulmane. Le prétexte invoqué est la lutte contre le terrorisme, reliée à des attentats imputés à des séparatistes ouïghours, depuis 2014. La question des camps d'internement, parfois qualifiés par le gouvernement chinois de centres de formation professionnelle, a aujourd'hui éclos au grand jour. 

Mais en 2007, date du film, nous n'étions que peu alertés sur cette situation, ce qui fait toute la valeur du film.
ON A TIGHTROPE de Petr Lom suit quatre enfants studieux : Sarigul, Jumahkun de la taille d'une pinte, le craintif Abliz et Aijamal l'ambitieux. Tous  vivent à Yengisar State Orphanage. L'ancienne tradition de la marche sur la corde raide est prospère dans la province du Xinjiang.

Devenir un funambule adroit, un darwaz, est l'un des rares chemins vers une vie meilleure en Chine. La formation oblige cependant souvent ces jeunes à abandonner leurs études et à risquer leur vie. 

À travers les réflexions des adolescents appauvris du Xinjiang, Petr Lom défie la censure du gouvernement et documente habilement et de manière touchante la relation complexe entre la religion et le gouvernement dans la Chine communiste. (En ouïghour avec sous-titres anglais)