Coup de coeur

Afrique 50, de René Vautier


Puisqu’on s’apprête à parler beaucoup de colonisation sur la place du festival de Douarnenez où bed.bzh aura sa petite caravane, on regarde Afrique 50 , de René Vautier, dont on peut retrouver un portrait sur le site. Un film qui fut interdit pendant plus de 40 ans, à peu près l’âge du festival aujourd’hui…

Premier film anticolonialiste français, Afrique 50 est à l’origine une commande de la Ligue française de l’enseignement destinée à montrer aux élèves la mission éducative menée dans les colonies françaises d’Afrique de l’Ouest. Mais, sur place, le réalisateur, âgé de 21 ans seulement, décide de témoigner de la réalité : le manque de professeurs et de médecins, les crimes commis par l’armée française au nom du peuple français, l’instrumentalisation des populations colonisées… Un pamphlet essentiel.

A la recherche du gitan perdu


A la recherche du gitan perdu, c’est le voyage de Jérémie Piolat dans les couloirs des cours d’alphabétisation.

À l’heure du débat sur les identités nationales et les indésirables, quelque part en Europe, Jérémie Piolat esquisse une réponse alternative : l’identité internationale. Retour à l’école, où il faut essayer de se faire comprendre et de comprendre même en écorchant la langue ou la réinventant ; où le créole renaît. Où les douleurs rencontrent le rire ; où les cultures populaires se révèlent la meilleure arme pour s’ouvrir à la culture des autres… 

20 ans après


Il y a 20 ans, le festival de cinéma de Douarnenez était consacré au Pays de Galles. Une édition où les Bretons questionnent la place du gallois dans cette société où la poésie se cache derrière les mines.

Sur bed.bzh, c’est l’occasion de revoir Britannia, de Joanna Quinn. Un coup de coeur féroce, petit film d’animation juste et cruel sur l’appétit de l’empire britannique. Ou le documentaire Charbons Ardents, de Jean-Michel Carré, pour découvrir une utopie en actes, celles de mineurs gallois qui s’organisent en coopérative au beau milieu de l’ère Thatcher.

Il y a 30 ans, au festival


Il y a 30 ans sur la place du festival de cinéma de Douarnenez, qui commence dans un mois, on fêtait le Pays Basque, ses multiples visages, ses blessures et son cinéma.

Sur bed.bzh, vingt films (courts-métrages, longs documentaires) s’attachent à valoriser la vitalité de ce cinéma qui invente toujours, questionne l’attachement à la langue et au territoire, mêle la musique, le théâtre et le dessin, expérimente – à l’image comme ailleurs. Retrouvez notamment le documentaire Dans leur jeunesse il y a du passé, d’Elsa Oliarj-Inès, où celles et ceux qui pourraient être les enfants du festival racontent leurs liens au pays : une belle trentaine !

Mon Village


Un coup de coeur, court et puissant. c’est Va c’hêriadenn, d’Alyson Cléret, une adaptation libre d’un poème d’Anjela Duval, poétesse et paysanne bretonne.

Des plans longs et fixes, des panoramiques flous et une voix, grave, racontant le village. Trois minutes de poésie pure, qui évoquent à la fois la blessure de la perte de la langue et celle des ronces épineuses sur les ruines. L’exode rural, la mémoire des pierres et la vie en friche : les images répondent aux mots de la poétesse, questionnent le hameau. Un poème à regarder. Qui résonne avec La parole assassinée, de la même réalisatrice, toujours sur la langue